Le toit de la Ruche Populaire est disposé de façon à ce qu'il y ait dans son sommet un vide important. L'air circule librement et rapidement dans ce vide. Ce vide est d'ailleurs trop considérable pour qu'une toile d'araignée puisse y arrêter la circulation de l'air.
C'est sous ce genre de toit que j'ai constaté une température plus régulière, même quand la ruche est exposée au soleil.
J'ai eu l'occasion de voir sur le front, des constructions militaires légères. Le toit y était formé aussi de deux planches ou de deux tôles superposées. Un officier supérieur, qui avait habité longtemps les colonies, m'a dit que les tentes militaires étaient disposées aussi d'après ce même principe pour lutter contre le rayonnement du soleil.
La disposition de notre toit est donc bien établie selon les règles dictées par l'expérience.
On recouvre souvent le toit avec du carton bitumé. Je n'en suis pas partisan. C'est une dépense. D'ailleurs, le carton bitumé entretient souvent une humidité invisible qui pourrit la planche qui le supporte.
Je ne suis pas partisan davantage de la tôle. En temps de pluie ou de grêle elle produit un bruit suffisant pour exciter les abeilles. Elle est d'ailleurs plus sensible aux rayons de soleil.
Je préfère le bois peint. Une planche peinte tous les deux ou trois ans résistera longtemps et n'a pas les défauts du carton bitumé ni de la tôle. Mais là encore je préfère la peinture blanche qui rejette la chaleur. Le carbonyle, qui est certainement le meilleur conservateur du bois, ne convient pas à cause de son odeur et surtout de sa couleur.